La renaturation désigne l'ensemble des actions visant à restaurer un milieu naturel dégradé, artificialisé ou fortement modifié par les activités humaines, en rétablissant ses fonctions écologiques, sa biodiversité et ses dynamiques naturelles.
Dans le champ de l'aménagement du territoire, la renaturation s'inscrit dans une logique de transition écologique et de sobriété foncière. Elle consiste notamment à favoriser le retour de la nature dans des espaces fortement anthropisés, en particulier en milieu urbain.
Elle peut prendre différentes formes, telles que la restauration de cours d'eau, la désimperméabilisation des sols urbains, la reconversion écologique de friches industrielles, la reconstitution d'habitats naturels pour la faune et la flore,
la compensation écologique etc. La renaturation ne se limite donc pas à des actions ponctuelles (comme la simple végétalisation), mais suppose une transformation plus globale des espaces et de leurs fonctions écologiques.
La renaturation contribue notamment à :
- la préservation de la biodiversité
- la lutte contre le changement climatique (réduction des îlots de chaleur, gestion de l'eau)
- la prévention des risques naturels (inondations, érosion)
- l'amélioration du cadre de vie et de la santé des populations
la restauration des fonctions des sols (stockage de carbone, cycle de l'eau)
Elle constitue aujourd'hui un levier central des politiques d'aménagement, notamment en lien avec l'objectif de
zéro artificialisation nette (ZAN) à horizon 2050, qui marque un changement profond dans la manière de concevoir le développement territorial.
La renaturation ne correspond pas à un dispositif juridique unique, mais s'inscrit dans plusieurs cadres :
- le Code de l'urbanisme, notamment à travers les objectifs de lutte contre l'artificialisation des sols (ZAN, loi Climat et Résilience de 2021)
- le Code de l'environnement (protection de la biodiversité, continuités écologiques)
- les politiques de gestion de l'eau (directive-cadre sur l'eau)
- les documents de planification (SCoT, PLU, OAP) qui peuvent intégrer des objectifs de renaturation
Des instruments opérationnels et financiers existent également, comme le
fonds vert, qui soutient des projets de renaturation des villes et villages (végétalisation, restauration des sols, réouverture de cours d'eau, etc.).
Les collectivités territoriales, appuyées par les agences d'urbanisme et d'autres acteurs publics (ADEME, agences de l'eau), jouent un rôle central dans la définition et la mise en oeuvre de stratégies territoriales de renaturation.
En Allemagne, la notion équivalente est celle de
Renaturierung. Elle est intégrée dans plusieurs cadres juridiques, notamment la loi fédérale sur la protection de la nature
(Bundesnaturschutzgesetz), la législation sur l'eau
(Wasserhaushaltsgesetz) et les instruments de planification territoriale et paysagère
Le droit allemand repose notamment sur le principe d'
Eingriffsregelung, selon lequel toute intervention sur l'environnement doit être évitée, réduite ou compensée. Dans ce cadre, les mesures de renaturation sont fréquemment utilisées comme mesures de compensation écologique.
Par ailleurs, la renaturation des cours d'eau est fortement encouragée dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive-cadre européenne sur l'eau, avec des objectifs de bon état écologique des ressources d'eau.
Ainsi, en France comme en Allemagne, la renaturation constitue un instrument central des politiques environnementales et d'aménagement durable, bien qu'elle ne repose pas sur un dispositif juridique unique mais sur un ensemble cohérent de normes et de politiques publiques.